Le gouvernement belge est au bord de l'implosion du fait du dérapage de la dette publique. Si la Belgique n'est pas encore dans une situation aussi dramatique que la France (107% du PIB contre 117%), elle n'en est pas moins menacée, notamment par les grandes agences de notation. Car elle n’est pas une puissance de même niveau.
Le Premier ministre, Bart De Wever, veut que le prochain budget soit réduit d'au moins 10 milliards. Il a parfaitement raison : on ne peut pas continuer à laisser le train fou foncer dans le brouillard. En revanche, ses propositions, comme celles de ses partenaires, sont pour le moins sujettes à caution. En effet, dans tous les cas de figure, les diverses composantes du gouvernement (à l'exception du MR) ne voient d'autres solutions que d'augmenter encore la fiscalité. Alors que notre pays est déjà un des plus pressurisés du monde.

Ne serait-il pas plus rationnel de s'efforcer de réduire les dépenses?
Mais, bien sûr, chaque parti du gouvernement regarde ses intérêts électoraux et refuse de faire des concessions.
Augmenter la TVA ? Ce n'est évidemment pas une bonne idée, dans la mesure où le pouvoir d'achat est déjà en baisse et que l'inflation a une forte tendance à vouloir remonter.
Augmenter encore la taxe sur les plus-values ? Cela risque de décourager les investisseurs, en particulier étrangers, dont la Belgique a un urgent besoin.
Saupoudrer ici et là quelques nouvelles taxes ? Même effet délètère que la hausse de la TVA.
Dès lors, il ne reste guère d'autres solutions rationnelles que de faire des coupes claires dans certaines dépenses.
Où chercher ces fameux 10 milliards?
On trouvera ci-dessous quelques pistes qui, sans être le moins du monde exhaustives, permettraient de trouver les fameux 10 milliards recherchés par l'Arizona, sans obérer le pouvoir d'achat des citoyens.
On pourrait commencer par stopper le pharaonique projet d’iles éoliennes de la mer du Nord. Ce dernier qui au départ n'aurait dû coûter que 1,1 milliard € est déjà à un budget de plus de 6,8 milliards. Et de nouveaux dépassements sont à craindre.Et tout cela pour un projet dont on sait déjà aujourd'hui qu'il n'apportera aucun avantage majeur et au contraire ne pourra fournir qu'une électricité hors de prix et de surcroît totalement instable. Quiconque habite près d'un champ d'éoliennes sait que ces dernières sont très fragiles et tombent régulièrement en panne. Les habitants du coin connaissent bien les petites camionnettes blanches des techniciens appelés régulièrement pour les réparer. Si ce genre de travaux est déjà onéreux sur la terre ferme, on peut aisément imaginer ce que cela coûtera en pleine mer. Dès lors, renoncer immédiatement à ce projet permettrait d'économiser entre 4 et 5 milliards. Même s’il faut rendre au gouvernement De Wever qu’il a déjà “réduit la voilure” de 2 milliards en mai dernier. Ce qui est positif. Mais insuffisant. C’est l’ensemble de ce projet irresponsable qui devrait être annihilé. Et ainsi permettre une très substantielle économie.
Un deuxième poste d’économie consisterait à cesser de financer la guerre en Ukraine, ce qui permettrait d'économiser un peu moins d'un milliard. La seule revente sur les marchés secondaires des F-16 qui sont encore dans nos hangars et qui devraient être livrés gracieusement à l'Ukraine aurait pu rapporter 150 millions €. Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’aide belge a coûté en moyenne 1 milliard €/an , auxquels s’ajoutent les budgets attribués via les aides militaires internationales qui s’élèveraient à environ 0,6 milliard €. Là, il est impossible d’être plus précis ou formel, puisque certains chiffres sont, très logiquement, couverts par le “secret défense”.
Une troisième piste d’économie consisterait à supprimer toute une série d’organismes plus ou moins inutiles qui coûtent des dizaines de millions ; pensons notamment à Unia (1), VIAS,, sans compter les milliers d'ONG qui sont subsidiées sans que l'on sache trop bien à quoi elles servent, sauf à servir de courroies de transmission à certains partis politiques. Là encore, 1,5 milliard pourrait être récupéré.
Un quatrième poste où des économies considérables pourraient être réalisées est l’immigration. Le budget de Fedasil frôle le milliard € (946.000.000 €). Auquel, il convient d’ajouter la charge sur la Sécurité sociale que génèrent les migrants.
Enfin, le gouvernement fédéral pourrait faire pression sur les entités fédérées (elles aussi endettées) pour qu'elles réduisent les dépenses abyssales dans des travaux publics aussi inutiles que la construction de ronds-points sur des routes de campagne qui ne traversent que des champs. Chacun connaît des exemples de routes parfaitement droites où l'on a construit des ronds-points au milieu de nulle part. Sachant que la construction d’un rond-point coûte entre 100.000 et un million €, selon la complexité du chantier, on voit la gabegie.
Toutes les suppressions des dépenses évoquées ci-dessus (et de bien d’autres non recencées) pourraient se faire sans que le citoyen en subisse les conséquences, surtout sans nouvelles taxes, et rassureraient au moins partiellement les marchés financiers .
Mais qui osera prendre ce type de mesures qui ne relèvent pourtant que du simple bon sens ?
J.O.
(1) A noter que la Région flamande a cessé de financer UNIA mais l’a remplacé par une structure régionale (VMRI) aussi contestable.






